Les tachycardies ventriculaires (TV) représentent le plus souvent l’urgence rythmologique la plus grave, en raison du risque d’arrêt cardiaque. Leur diagnostic ou suspicion de diagnostic doit rapidement conduire à la préparation de gestes de réanimation.
Un arrêt cardiaque sur TV rapide ou encore une transformation en fibrillation ventriculaire puis en asystolie peut se produire rapidement, et exiger une cardioversion électrique rapide. Toutefois, une approche diagnostique précise est souhaitable chaque fois que l’état hémodynamique le permet, dans le but d’obtenir un diagnostic précis du trouble du rythme. L’orientation thérapeutique et les recherches étiologiques ultérieures dépendent en effet de ce diagnostic rythmologique.
Le recueil de documents pendant le trouble du rythme est alors
primordial, puisque après réduction il peut être difficile de certifier
le diagnostic étiologique d’un trouble du rythme à QRS large. Un
diagnostic certain peut s’avérer impossible a posteriori si les tracés
ECG enregistrés pendant la tachycardie sont insuffisants (trop courts
ou sans assez de dérivations par exemple). Un doute reste alors le
type de trouble du rythme réellement survenu, et ce avec des
conséquences majeures sur la prise en charge cardiologique. Les
recherches étiologiques et les traitements à mettre en oeuvre au
décours d’une vraie TV sont souvent bien distincts de la gestion
d’une « simple » tachycardie supraventriculaire.
Le rôle du médecin urgentiste est donc fondamental à deux titres :
pour la prise en charge du patient, et pour la documentation du
trouble rythmique avant sa réduction.
La fibrillation ventriculaire est systématiquement responsable d’une
inefficacité circulatoire avec arrêt cardiaque. Elle peut compliquer
une tachycardie ventriculaire initiatrice ou survenir d’emblée. Sa
prise en charge est assimilée pour cet exposé à celle d’une
tachycardie ventriculaire mal tolérée.
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