Troubles du rythme jonctionnel

PRISE EN CHARGE : À distancee

Le patient sera orienté vers une consultation de cardiologie avec les tracés percritiques dans l’objectif :


– de le rassurer et de lui détailler les modalités thérapeutiques ainsi que les manoeuvres susceptibles d’arrêter les crises ;
– d’éliminer un syndrome de Wolff-Parkinson-White, parfois intermittent ou mineur sur l’ECG et plus généralement d’essayer de préciser le type de TJ en cause ;
– de dépister une cardiopathie sous-jacente par le biais d’une échographie transthoracique, certaines cardiopathies congénitales s’associant avec une voie accessoire ;
– d’apprécier l’intérêt d’un traitement antiarythmique de fond ou le recours à une ablation.
Le traitement de première intention repose sur les inhibiteurs calciques (vérapamil surtout), les bêtabloquants et le sotalol. Bien évidemment, chez les patients les moins symptomatiques (quelques crises annuelles bien tolérées, par exemple), on peut tout à fait s’abstenir d’un traitement de fond. L’amiodarone n’est qu’un traitement de dernier recours compte tenu de ses effets secondaires, à réserver aux patients les plus âgés en cas d’échec ou de refus d’une ablation.


La présence d’une préexcitation sur l’ECG pose le problème d’une arythmie mal tolérée et justifie la réalisation d’une exploration électrophysiologique endocavitaire ou oesophagienne. En dehors de ce cas particulier, ces explorations ne sont proposées qu’en prévision d’une ablation afin de préciser le siège du circuit de réentrée (intranodale ou sur faisceau de Kent rétrograde).


L’ablation est envisagée dès lors que le traitement antiarythmique est mal toléré ou inefficace. Plus rarement, une indication est retenue en première intention pour des impératifs professionnels ou sportifs. Bien évidemment, la présence d’un syndrome de Wolff-Parkinson- White incite à être plus interventionniste, surtout si la conduction antérograde de la voie accessoire s’avère performante, et donc dangereuse. Grâce à l’ablation, on peut envisager une guérison neuf fois sur dix après une séance, au prix de rares complications, la principale étant l’atteinte de la voie nodo-hisienne aboutissant à la pose d’un stimulateur cardiaque dans 1 % des cas.