Le circuit de réentrée siège dans le noeud atrioventriculaire qui présente la particularité d’avoir une dualité de conduction. Ce terme signifie qu’il existe deux types de conduction au sein du noeud atrioventriculaire : une conduction rapide et une lente. On emploie schématiquement les termes de voie rapide et de voie lente.
Celles-ci présentent des caractéristiques électrophysiologiques opposées :
– la voie rapide doit son nom au fait de conduire rapidement, la voie lente ayant une vitesse de conduction inférieure ;
– la voie rapide a une période réfractaire plus longue que celle de la voie lente, c’est-à -dire que la voie rapide ne peut paradoxalement conduire que des rythmes plus lents que la voie lente.
La conduction atrioventriculaire est donc capable de se faire selon plusieurs modes :
– en rythme sinusal de fréquence normale, l’influx chemine dans les deux voies et atteint le faisceau de His plus rapidement par la voie rapide ;
– en cas d’accélération de la fréquence (tachycardie sinusale, extrasystolie atriale…), les deux voies restent en compétition jusqu’à ce que la voie rapide atteigne sa période réfractaire. Dès lors, seule la voie lente assure la conduction atrioventriculaire sur le mode 1/1 avec toutefois des vitesses de conduction plus lentes. Cela se traduit sur l’ECG par un allongement brutal de l’espace PR ;
– pour des fréquences encore plus rapides, la voie lente finit par atteindre sa période réfractaire, ce qui se manifeste par l’apparition d’un phénomène de Wenckebach (allongement progressif et régulier de l’intervalle atrioventriculaire [PR] jusqu’à une onde P bloquée) avec une conduction qui ne se fait plus sur le mode 1/1.
Pour qu’une TJ apparaisse, il faut que :
– l’influx acheminé par la voie lente et bloqué dans la voie rapide puisse se réfléchir de façon rétrograde dans cette dernière.
L’oreillette est alors activée de façon rétrograde à partir de la voie rapide pendant que le ventricule s’active via la voie lente et le faisceau de His ;
– l’influx sortant du noeud atrioventriculaire vers l’oreillette par la voie rapide rejoigne rapidement l’entrée de la voie lente, enclenchant le 2e cycle de la TJ ;
– dès lors, l’influx va régénérer ce circuit, descendant par la voie lente et remontant par la voie rapide. La réentrée ne s’interrompt qu’à l’occasion d’une modification des vitesses de conduction ou des périodes réfractaires de l’une des deux voies, par exemple lors de manoeuvres vagales.
Le démarrage de ce type de TJ est généralement secondaire à un phénomène susceptible de provoquer le blocage de la voie rapide : accélération de la fréquence cardiaque, d’origine sinusale (lors d’un effort par exemple), extrasystole atriale ou ventriculaire avec conduction rétrograde dans le noeud atrioventriculaire.
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